La régie publicitaire de la RATP ne veut rien entendre. Elle estime que
l'affiche est en contravention avec la loi Evin, en dépit de la volonté de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité de l'assouplir en pareil cas. Cette dernière institution
avait ainsi jugé après le cas Tati, qui s'était répété avec l'affiche du film Coco avant Chanel, que sous certaines conditions on pouvait tolérer l'apparition de produits liés au
tabac. Un simple avis de bon sens qui, n'ayant pas été traduit officiellement, n'a aucune valeur pour Métrobus, confirmant ainsi que juridique et artistique sont deux notions difficilement
compatibles.
Avec une telle vision du monde, Serge Gainsbourg qui ne se séparait jamais de ses paquets de Gitanes, n'aurait aujourd'hui tout simplement plus droit de cité… Roi de la provocation, sans
doute aurait-il joué de cet interdit pour le retourner à son avantage.
En attendant, il faudrait faire un geste salvateur pour l'intelligence du monde : forcer les joueurs de foot à fumer sur les stades pour qu'ils soient interdits de télévision. Ca ferait des
vacances pour les politiques ciseleurs de phrases creuses et pour tous ceux qui s'échinent à excuser ou à entrerre un joueur de ballon rond qui gagne en une année ce que certains peinent à
gagner en une vie ! Ca permettrait surtout, mais alors surtout, de replacer les vrais problèmes du monde au centre de l'actualité. On peut toujours espérer ! (sortie du film le 20
janvier 2010).
Au fait, faudra-t-il interdire les Mémoires de Jacques Chirac qui font un tabac en librairie ?
AFP/PIERRE ANDRIEU
Le dessinateur Joann Sfar pose pendant une séance de dédicaces, le 25 janvier 2007 à Angoulème, lors de premier jour de la 34e édition du Festival international de la bande dessinée.
Métrobus, la régie publicitaire de la RATP, a pris la décision de ne pas diffuser l'affiche du film de Joann Sfar: Gainsbourg (vie héroïque). Ce choix soulève l'incompréhension du réalisateur contacté par LEXPRESS.fr/Culture.
Quelle a été votre réaction lorsque l'on vous a annoncé que l'affiche de votre film ne serait pas diffusée dans le métro parisien ?
Joann Sfar: Je n'ai pas tellement compris cette décision. Nous avons créé cette affiche avec une équipe d'artistes et nous avons mis un point d'honneur à respecter les
consignes sur le tabac. Dans l'affiche, ni cigarette, ni mégot ne sont visibles. Il y a juste de la fumée qui ne prend même pas toute l'image. Toutes les régies publicitaires
l'ont autorisé. Je trouve ça presque insultant pour notre travail. C'est comme cette affiche de l'exposition sur Jacques Tati où ils se permettaient de masquer la pipe. Mais ça me
rappelle aussi une autre histoire. Lors de la sortie en France du film Les 102 Dalmatiens, ils avaient effacé le derrière du chien. Alors je me pose la question : Est-ce
qu'un enfant qui voit une chose comme ça ne va pas être perturbé ? Ici, c'est la même chose.
Dans quel sens ?
Moi, je fais un film avec pour thème Gainsbourg. Tout le monde sait que le personnage fumait beaucoup, c'est une chose qui n'a jamais été cachée. Je trouve qu'interdire la fumée de
son clope c'est une façon d'infantiliser le public. C'est un phénomène qui vient des Etats-Unis. Plus on censure, plus on renie notre culture. C'est un peu comme si l'identité
nationale était bafouée.
Parce qu'une affiche sans fumée dénaturerait votre travail ?
Non, je ne pense pas. Le plus important c'est le contenu du film et ça ils ne peuvent pas y toucher. Ce qui est vraiment dommage c'est que c'est une vraie création artistique cette
affiche. Il y a des gens qui ont travaillé dessus en respectant des codes et leur boulot ne sera pas vu de tout le monde.
Avez-vous prévu une affiche de remplacement ?
Non parce qu'en fait cette nouvelle m'est tombée dessus ce matin. Nous ne pensions pas que l'affiche ne passerait pas le barrage de la censure de la RATP. Personnellement, mon avis
n'a pas tellement d'importance quand aux décisions qui vont être prises. Je sais que nous ne pouvons pas nous passer de pub dans le métro, mais si ça ne tenait qu'à moi, je ne
changerais rien. Ca me rappelle un problème sur une de mes bandes dessinées, l'éditeur me dit qu'il ne faut pas que les personnages fument. Alors ce que j'ai fait, c'est faire fumer
un squelette. Ca ne lui fait rien parce qu'il est déjà mort. C'est drôle mais c'est aussi une façon de prévenir du danger.
http://www.lexpress.fr/culture/cinema/joann-sfar-censurer-l-affiche-du-film-gainsbourg-est-une-insulte_829608.html
Ce que l'on disait à propos de la pipe de Jacques Tati !
Vite ! Au nom de la loi Evin, il faut d'urgence censurer Les Tontons
flingueurs. Couper la scène où, dans la cuisine, des hommes s'adonnent à une boisson d'homme. Intolérable à nos yeux d'hygiéniste ! Voir ce manège de costauds descendre verre
d'alcool sur verre d'alcool. A côté, la pipe de Tati transformée en moulin à vent, c'est du sirop d'érable !
Vite, vite ! Fournissons à l'INA, l'institut national de l'audiovisuel, des gommes et des ciseaux et revisitons, avec notre foi de citoyen, à
cheval sur les principes universelles de la Loi toute puissante, faiseuse d'esprit et bâtisseuse de principes moraux, les archives télévisuelles et cinématographiques pour en
extraire, hors de nos vues, tout le suc tabagique qu'elles contiennent et toute la brume alcoolique dont elles se voilent depuis des décennies.
Tranchons dans le vif, amies et amis fidèles du législateur, chevaliers blancs de la discipline corporelle. Ecrasons sous nos talons, les
cigarettes de chez Polac qui font pourtant le régal des abrutissants bêtisiers de la télévision, tant publique que privée. Masquons la moindre bouteille d'alcool (en laissant
apparente les bouteilles de vin qui n'en sont pas...). Plus d'allusion, de transgression. Rangeons-nous, soldats de l'extrême, derrière la tête de la loi Evin pour que vienne au
monde, enfin, une société honnête, sans goulot, sans filtre et sans pipe !
Après tout, les génies n'ont qu'à être visionnaires ! Si Tati avait eu un peu le sens de l'avenir, il aurait su que sa pipe serait malvenue, un
jour, sur une affiche. Franchement, je n'ai jamais fumé et je ne suis pas non plus un consommateur d'alcool. Mais par solidarité contre la connerie humaine qui ne manque psa d'air, je
serais prêt à dresser un rideau de fumée en guise de rempart. Et me servir une boisson d'homme, à la table des Tontons flingueurs. Il y a des jours où la prise collective du
bistrot du coin aurait autant de conséquence que celle de la Bastille.
C’est au nom de la loi Evin que la régie publicitaire de la RATP a voulu
amputer le personnage de M.Hulot de sa pipe sur les affiches de l'exposition de la Cinémathèque. Celle-ci a répliqué en l'affublant d'un petit moulin à vent.
La régie publicitaire souhaitait en effet censurer la pipe au nom de la loi Evin qui, depuis 18 ans maintenant, interdit toute publicité directe ou indirecte pour l’alcool et le tabac. «Notre service juridique a estimé que l'affiche était contraire à la loi. Nous avons déjà fait modifier plusieurs campagnes de ce type quand une boisson alcoolisée était mise en avant. Pourquoi ferait-on autrement lorsqu'il s'agit du tabac?», a expliqué jeudi Métrobus au Parisien.
Malraux et Sartre ont déjà subi le même sort
«C'est absurde et risible»,déclare dans le quotidien le cinéaste Costa Gavras président de la Cinémathèque, qui précise que «Tati n'allume sa fameuse pipe dans aucun de ses films». Même constat du côté de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot : «On frôle le ridicule avec cette histoire», a-t-elle déclaré jeudi.
Pour autant, la loi Evin n’en est pas à sa première victime. En 1996, déjà, un timbre représentant André Malraux la cigarette au bec avait été retouché par la Poste. Et en 2005, c’est Jean-Paul Sartre qui avait été amputé de son mégot par la BNF, sur les affiches utilisées pour une exposition qui lui était consacrée. Personnages fictifs ou non, même combat puisque récemment, Lucky Luke a du lâcher sa célèbre cigarette pour…un brin d’herbe. Plus politiquement correct.
(article emprunté au Figaro.fr et la photo au blog de Pierre Assouline qui signe d'ailleurs une chronique sur le sujet dans le Monde 2 daté du samedi 11 avril)
Nouvel excès de zèle, explique le JDD. Nouvel excès de connerie, peut-on ajouter. Entre le but de la main de Thierry Henry qui déchaîne les politiques, comme si le résultat d'un
match de football ou la qualification pour le mondial était capable de faire trembler le socle des Nations, voici que Métrobus refuse l'affiche du biopic consacré à Serge Gainsbourg réalisé par
Johann Sfar. La régie ne tolère pas que le personnage puisse exhaler de la fumée… lit-on encore dans le journal du Dimanche. Eh oui, même la suggestion de fumer est interdite dans
le métro. Et la suggestion d'une main qui place un ballon de foot sur le pied du joueur pour le faire rentrer dans la cage de but ?
L'association Ciné Rencontres
est née avec les sept salles du nouveau cinéma de Vierzon, Ciné Lumière, en juin 2005, construites dans une ancienne usine de matériel agricole, la Société-Française. 





































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